Thon rouge : l’interdiction annoncée ne satisfait personne
Jean-Louis Borloo, ministre de l’écologie et Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, l’ont annoncé officiellement hier : ils sont favorables à une interdiction du commerce international de thon rouge et à l’inscription de l’espèce à l’annexe 1 de la Convention de Washington sur les espèces menacées (Cites). Très prisé par les Japonais (80% du thon rouge pêché en Méditerranée est exporté vers le Japon), le thon rouge est rapidement devenu victime de son succès ; les stocks ont en effet baissé de 75% au cours des 50 dernières années (chiffres WWF). Face à l’urgence, les associations écologistes, Greenpeace en tête, réclamaient depuis plusieurs années une interdiction de la pêche et du commerce de l’espèce. Le gouvernement a ainsi statué sur une interdiction qui prendrait effet d’ici 18 mois, le temps de mettre en oeuvre la décision et d’évaluer les ressources.
Une décision en demi teinte censée apaiser la colère des écolos ainsi que celle des pêcheurs de thon qui voient aujourd’hui leur emploi menacé mais qui au final ne satisfait personne. Ainsi, Greenpeace a été le premier à se positionner contre le délai annoncé, un subterfuge qui selon l’association ne servirait qu’à tempérer la colère des pêcheurs à l’approche des régionales. Mourad Kahoul, président du syndicat des thonniers méditérannéens, n’a pas manqué de réagir à son tour et a réclamé une réunion d’urgence avec Nicolas Sarkozy ; pour lui, l’espèce « n’est pas menacée » et la manoeuvre n’aurait d’autre but que celui de « faire plaisir à des ONG irresponsables ». Soulignant le problème humain lié à la disparition des emplois, « 1.200 marins pêcheurs, plus trois entreprises par bateau qui travaillent à terre », il n’a pas souhaité se prononcer sur un éventuel blocage des ports mais ne modère cependant pas ses propos : « On va vers une grosse crise, a-t-il affirmé. Il faut que le président de la République s’implique sérieusement (…) les pêcheurs ne se laisseront pas mourir. Chacun prendra ses responsabilités. Aujourd’hui il y a un problème humain, et on ne peut pas laisser les marins-pêcheurs à la rue ».











D’ici quelques décennies la question de l’autorisation ou non ne se posera plus: il n’y aura plus de thons rouges… Voici encore la démonstration de l’incapacité des hommes politiques actuels et des décideurs économiques, de décider pour le long terme, qui n’ont même pas le courage d’interdire la pêche aux filets dérivants… Un enfant gèrerait mieux notre planète!
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